La place de l'artiste dans la société
La place de l'artiste au quotidien est aujourd’hui assez difficile à décrire car depuis les révolutions culturelles et artistique des avant-gardistes on sait que tout le monde peut-être artiste. On trouve même des œuvres faites par des robots avec e-David, le premier robot-peintre conçu dans cet objectif
Aujourd’hui, particulièrement avec les réseaux sociaux et les nouvelles considérations sur ce qu'est la reconnaissance, la notion d'art et d'artiste, voire même la simple idée d'exposition, on peut dire qu'il n'a jamais été aussi simple de se revendiquer comme artiste.
Si les qualités esthétiques, créatives où révolutionnaires d'une démarche ne sont pas au rendez-vous, cela n'a que peu d'importance car dans cette nouvelle notion d’échange et de création, même la notion de plagiat ou de propriété est très facilement contournable. Ce qui importe avant tout c'est l’adhésion du public : s'il est au rendez-vous et qu'il vous désigne en tant qu'artiste, pourquoi lui donner tort ? Si l'on veut se projeter, passer par un tiers pour faire reconnaître son travail est en marche de devenir de plus en plus minoritaire : les auteurs ont aujourd'hui recours à l'auto-édition ; les jeunes artistes préfèrent exposer leurs œuvres sur les réseaux pour les faire connaître et trouver des acquéreurs.
Dans la conférence internationale des artistes de septembre 1952 à Venise pour l'Unesco sur le thème de l'artiste dans la société contemporaine, Jacques Villon disait que les artistes du futurs devront de plus en plus avoir recours aux syndicats, aux assurances sociales, etc.
(http://unesdoc.unesco.org/images/0013/001373/137370fo.pdf )
Il réfléchit à l'importance d'une carte professionnelle, une idée bien loin de l'image romantique de l'artiste dans son atelier ou caché dans sa chambre pour réaliser de l'art brut. En effet, on constate que vivre de son art est presque une utopie tant l'idée que l'artiste est partout, a donné presque l'impression qu'il pouvait être traité comme une marchandise.
Les entreprises ne voient plus l’intérêt de payer les artistes pour des commandes mais organisent des concours avec en guise de prix des cadeaux de valeur bien moindre.
Parmi les multiples propositions suscitées par une large communication, elles pourront sélectionner ce qui correspond à leurs besoins sans difficulté.
Yves Alix qui disait « L'artiste professionnel, dans les arts plastiques, est l'artiste qui conçoit seul et exécute lui-même, avec ou sans aide, des œuvres originales et fait de l'exercice de son art l'essentiel de son activité. » aurait je pense aujourd'hui bien du mal à trouver des artistes professionnel dans ce cas, du moins cela dépend ce que l'on peut interpréter par « essentiel ».
Villon dit que de tout temps les artistes trouvaient naturels de s'intégrer à la société, qu'ils représentaient la société et qu'ils en étaient conscients. On retrouve ces arts protestataires, témoins d'une époque comme chez Valéry Grancher et son drapeau déchiré par exemple, mais celui-ci est immédiatement pris en photo, partagé, publié sur les réseaux, au moins qu'on se demande si l’œuvre d'art se situe au niveau de l'objet ou de la mise en scène, du message accompagnant l’œuvre...
E-David, le robot-peintre, n'est-il pas la meilleure représentation de ce qu'est la place de l'artiste aujourd'hui puisqu'il représente sans doute l’innovation artiste la plus révolutionnaire possible ?
S'il y a création, pourquoi ne pas le qualifier d'artiste, alors que l'on commence déjà à réfléchir à des robots aide-soignants et soldats.